C'est en 1967, à Rimouski, Que ce charmant petit être voit le jour. Issu d'un père, représentant de commerce, et d'une mère, technicienne de laboratoire de formation, qui a tout abandonné , pour voir à l'éducation de mon frère ainé et de moi-même.

Après quelques déménagements, c'est finalement à Chicoutimi, en 1971, que la famille s'installe. Cette ville adoptive, sera la ville de mon enfance, de mon adolescence et du début de ma vie adulte.

C'est au cours de ma formation académique secondaire, au Séminaire de Chicoutimi, que je développe certains intérêts, plus pointus, pour certaines activités. Comme mon parcours académique se déroule sans difficulté, je peux me permettre de m'investir dans des centres d'intérêt variés, tel que les sports. Je participe à tout ce qui est possible, ma présence au gymnase étant quotidienne sur l'heure du diner. Je fais également partis d'une équipe de basket-ball, qui dispute des parties au niveau régional et provincial. Je participe également à des activités parascolaires variées, qui celles-ci touchent d'avantage les arts et la créativité. Ainsi, j'y découvre le plaisir de la photographie et je suis un fervent adepte (comme spectateur) de l'improvisation. Je travaillerai d'ailleurs, pour la ligue d'improvisation de Chicoutimi, pendant six ans, à titre d'administrateur et de préposé à l'accueil, de 1983 à 1989.

Après un court séjour au CEGEP de Chicoutimi, en sciences administratives (où je m'ennuis et je me cherche), c'est finalement au CEGEP de Jonquière que je trouve ma voie. J'y complète un diplôme en Techniques d'Éducation Spécialisées, en 1989.

La même année, 1989, je déménage dans la grande région de Montréal, à la recherche de travail. C'est finalement de courte durée, puisque à peine 1 mois plus tard, j'y décroche mon premier emploie d'éducateur. C'est donc au Pavillons Bois-Joly ( qui deviendra les Centres Jeunesse de la Montérégie après la fusion d'établissements), à Longueuil, que je débute cette belle aventure. C'est auprès de jeunes filles en difficultés (consommation de drogues, troubles du comportement, prostitution, difficultés au plan scolaire-social-familiales, etc.), de 12 à 18 ans que j'oeuvrerai principalement. J'y accompagnent des jeunes et leurs parents, dans un contexte de réadaptation interne, c'est à dire que les jeunes y habitent. J'y côtois des gens extraordinaires, que ce soit mes collègues de travail, les partenaires externes, mais surtout des jeunes et leurs parents. Tous, à leur façon, me feront grandir comme éducateur, mais surtout au plan humain. Cette grande famille, devient ma deuxième famille. Notez, que cette petite phrase: "Peu importe l'arbre, en son cœur se cache toujours un trésor.", est directement inspirée de ces jeunes. Chacune d'entre elles, malgré ses difficultés, renfermait de belles choses, des qualités exceptionnelles et ce trésor n'attendait que d'être actualisé, tout comme un arbre.

En 2003, suite à plusieurs événements auxquels je suis confronté (tentatives de suicide de jeunes, dissolution de l'équipe de travail, blessures, maladie et décès d'un collègue de travail et ami, etc.), tout bascule. En fait cela avait commencé à basculer un peu plus tôt, mais un diagnostique de dépression majeure vient confirmer que je ne vais pas bien du tout. Malgré un suivi serré et rigoureux, avec mon médecin de famille, une hospitalisation en psychiatrie, un suivi externe avec psychiatre et psychologues, une thérapie individuelle et de groupe, un retour au travail est impossible. C'est pour moi un deuil excessivement difficile à faire, et qui n'est toujours pas complètement fait d'ailleurs. Une incapacité à gérer, de façon adéquate, les situations de stress, tant au plan personnel qu'externe vient mettre un terme à mon association avec mon employeur, mais surtout, avec "mes" jeunes et ma deuxième famille.

C'est pendant cette période, que je découvre le tournage sur bois. Un collègue ayant entreposé chez-moi tout son équipement. De façon autodidacte, je commence à essayer ce nouveau médium, qui deviendra au fil du temps, une thérapie extraordinaire. Cela me permet de me créer une petite zone de confort, dans laquelle je peux oublier tout le reste, qui m'envahit facilement. Le tournage monopolise toute mon attention et ma concentration, ce qui est grandement bénéfique pour ma santé mentale, mais devient aussi, ma première source de valorisation personnelle et externe, depuis fort longtemps.

Maintenant installé à Kingsey Falls, au Centre du Québec, depuis quelques années, je recommence depuis peu à "tourner". En effet, un arrêt forcé de 4 ans, suite à une intervention chirurgicale au coude, m'a empêché de pratiquer cette merveilleuse activité, qu'est ma thérapie par le tournage sur bois.

En terminant, je voudrais remercier certaines personnes, qui tout au long de mon parcours professionnel comme éducateur, ou depuis ma grande noirceur (dépression) jusqu'à aujourd'hui, m'ont accompagné et soutenu de façon plus particulière. Mes enfants, Geneviève et Catherine; mes parents, Clément et Nicole; mon frère Eric, ma belle sœur Annie et mes neveux, Marc-André et Pierre-Luc; mes collègues de travail, dont Jacinthe et Chantal; tout le personnel de la santé dont Dr. Bouchard; mes amis, plus particulièrement Nathalie; et finalement à cet "ange terrestre", Mme Dupont, qui a su me remettre les yeux en face des trous quand j'en avais besoin. À vous tous, MERCI d'avoir cru en moi, de m'avoir permis de grandir, d'avoir su passer outre mes "mauvaises passes" mais surtout de continuer de croire en moi et de me permettre de m'épanouir un peu plus à chaque jour. 

Michel